Découverte : Necronomidol

Necronomidol, sous leur label VELOCITRON, est un groupe d’idols basé à Tokyo créé en Juin 2014, avec un style de musique orienté vers le rock mais plus principalement vers le métal. Il est composé à l’heure actuelle de 5 membres; Risaki Kakizaki, Sari, Hina Yotsuyu, Rei Imaizumi et Himari Tsukishiro, contre 4 en date de leur début. Seules Risaki et Sari sont des membres originelles, et cette dernière est probablement la plus reconnaissable d’entre les 5, arborant des cheveux bleu clair et un visage immaculé grâce à son maquillage de type « shironuri ». Elles comptent dans leur discographie 7 singles, 2 albums ainsi qu’un troisième prévu pour la fin septembre de cette année.

Le producteur, manager ainsi que l’homme à l’origine du groupe, est un Américain du nom de Ricky Walson, aficionado de la scène idol underground japonaise. Grâce à la démocratisation des groupes d’idols moins traditionnels, Ricky a souhaité créer un groupe dans cette lancée, et que celui-ci soit entouré de « ténèbres », explique-t-il dans cette interview. Leur page Patreon désigne leur style comme “ultra dark Japanese idol music”. Voilà qui donne le ton.

Leur nom, Necronomidol, est tiré du mot idol bien sûr, mais aussi du Necronomicon. Il s’agit d’un célèbre ouvrage de sorcellerie fictif présent dans l’univers de “Le Mythe De Cthulhu” imaginé par l’écrivain Howard Phillips Lovecraft. Des titres comme “Azathot”, “R’lyeh Il” et “Ithaqua” sont des références directes à l’univers du même auteur. Le nom du groupe peut s’abréger en « Necroma » (ネクロ魔) et ainsi décortiqué, cela donne « necro » (ネクロ) pour la nécromancie (l’art de la divination de par les morts) et « ma » (魔) qui lui désigne « démon ».

Les thèmes abordés dans leurs chansons sont à l’image de la signification de leur nom, très sombres, comme la mort par exemple qui est très souvent mentionnée (voir la chanson “Psychopomp”) mais les filles assurent d’être toujours « idols » et aiment même en jouer avec leur producteur.

Typographie inspirée de celle des groupes de Black Metal

Il est très difficile d’étiqueter précisément le genre musical de Necronomidol, alors qu’une vaste majorité de leurs chansons sont un dérivé du métal ou du rock tandis que certaines ne sont ni l’un ni l’autre (voir les chansons “Starry Wisdom” et “Celephaïs” par exemple).
Les chansons sont composées par de nombreux compositeurs différents, et c’est le producteur qui donne d’abord une idée générale d’un style, d’un concept, voire d’une humeur en vue de leur production. Cependant, on note des genres qui se font entendre régulièrement comme le Darkwave, le Black Metal, le Post-rock, le NWOBHM (la nouvelle vague du heavy metal britannique) et étonnamment de l’idol-rock plus traditionnel dans leurs dernières productions.
Des synthés et des touches plus électro sont parfois disséminés ici et là, dans un melting pot musical qui détonne et qui procure des occasions pour les filles de Necronomidol de jouer sur scène avec des groupes d’horizons très variées.

En 4 ans d’existence, les styles ont donc varié d’un bout à l’autre du métal. D’une manière générale, à leurs débuts, tout était permis, comme sur le single “Ikotsu Moufubuki” où les deux chansons “Vulture” et “Atai No Tsumeato” sont à l’opposé l’une de l’autre en terme de sonorités. Pendant que la première adopte un style presque Eurobeat avec un synthé omniprésent, la deuxième sous couvert d’Ambient Black Metal, nous scotche avec une batterie très nerveuse et une ambiance des plus angoissantes qui nous ferait rappeler certains films d’horreur japonais, dont Ricky le producteur a admis être très friand. Peut-être là l’une de ses nombreuses inspirations.

On note dans les récentes productions un métal qui se détourne quelque peu du Black Métal de leurs débuts et semble se concentrer sur un son moins éclaté. Leur single “Strange Aeons” (lui aussi tiré de “L’appel de Cthtulhu”) paru en 2018 en est un bon exemple, avec une face A éponyme de métal classique mais de très bonne facture. On y trouve également un titre très différent au nom “Dirge of Baldr” qui lui reprend une base d’électro-pop. Enfin, la face A de leur très bon single “Dawnslayer” indique peut-être une inspiration du côté de chez Babymetal et de leur excellent “Akatsuki”.

Le titre “Psychopomp”, qui possède son propre clip musical, interpelle beaucoup de par la localisation de son tournage. Il s’agit là de la forêt d’Aokigahara située près de Tokyo et qui est tristement connue pour être “la forêt des suicides”, un endroit des plus lugubres mais qui sied parfaitement l’univers des Necroma.

Necronomidol est un groupe qui adore voyager et avoir un producteur étranger doit y être pour quelque chose. Parmi leurs destinations : Nouvelle-Calédonie, Thaïlande, Etats-Unis, France et enfin les Pays-Bas plus récemment. Elles seront en tournée en Novembre aux Etats-Unis avec les groupes Oyasumi Hologram et Toriena.
Le collectif américain Slope Club a eu l’occasion de faire passer un petit test d’anglais à nos 5 métalleuses.

Malgré que Necronomidol ne soit pas un groupe ayant pour vocation une popularité dite mainstream, nous leur souhaitons tout de même encore de nombreuses années fructueuses devant elles. Elles n’ont pas encore fini de nous faire redécouvrir toutes les facettes du Metal à la sauce japonaise et peut-être que nouvelles pépites se trouvent dans leur prochain album. Intitulé “VOIDHYMN”, il est prévu pour le 29 Septembre 2018.
Une page Patreon est disponible si vous souhaitez les soutenir financièrement, à partir de 3$ par mois avec différentes récompenses à la clé.

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Voidhymn

Necronomidol

Sorti le : 29 Septembre 2018
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Voidhymn / NECRONOMIDOL

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Article par Brice